Chaise
"Tape, ropes, chain, facesitting, domination, soumission, ....etc."
Tel était l'emblème de ce magasin glauque qui m'attirait en cette fin d'après-midi d'automne.
(Moi, fille de bonne famille, de religion judéochrétienne.... m'adonner à de tels appels sordides ... Quelle honte !).
Rassurez-vous, je ne suis point entrée dans cet antre de "perdition".
"Rêve, salope,que tu es" ! Cauchemar de la nuit.

Très perturbée, dés le lendemain, je me mets en tête de retourner dans cet univers "pervers" qui m'attire et qui me refoule en même temps, mais qui me procure un bain de jouissance dont seule ma culotte est témoin.
De livres en accessoires en passant par les vidéos de toutes sortes, je sursaute à chaque moment où je sens dans mon dos une quelconque source de panique.
Le long des murs sont disposés des miroirs qui permettent au tenancier de voir les viols ...oh !pardon ... les vols possibles.
Je parcours ces éléments sexuels sans trop savoir que faire, hésitant entre me fourrer un bon gros gode dans la foufoune ou faire la "chichiteuse" de service (ou l'offusquée si vous prèfèrez).
Quand soudain, une personne s'approche ... et me touche ...!
Une femme ? un homme ? ...
En fait, c'est une personne âgée qui me touche, et de nouveau, je sursaute.
Je me retourne violemment, m'arrête devant la non-violence de "l'adversaire" et m'interroge !!!
- "Que me voulez-vous ?"
- "Rien "
- "Pourquoi me touchez-vous ?"
- "Savez-vous que vous êtes belle, Madame ?"
- "Arrêtez vos sarcasmes, svp"
D'une voix douce et apaissante : "Ce ne sont pas des sarcasmes et je n'ai aucune envie de vous nuire. Simplement, je suis en
chaise roulante et je n'ai pas pu freiner à temps. Sorry, Madame".
- "De rien"
J'étais en transe, fatiguée par ces emplettes depuis le début de l'après-midi d'une part, et, d'autre part, par l'excitation qu'a fait naître insidieusement ce Sexe-shop , et perplexe aussi à propos de cet "handicapé" qui me dévore des yeux.
Mais n'ayant finalement aucune crainte le concernant et ne désirant que m'asseoir quelques minutes, j'entrevois une petite possibilité de poser mon fessier sur l'accoudoir de sa chaise.
Je lui dis :" Dites, puis-je m'asseoir ?"
- "Bien volontiers, Madame."
- "Merci."
OHHHHHHHHHHHHHH
Dans un élan rapide et prècis, il me précipite sur ses genoux.
Directement, je sens de la chair fraiche entre mes fesses (moi, qui ne porte jamais de culotte).
- "N'ayez crainte Madame, je ne mets jamais de slip sauf ma protection."
- "Mais, vous êtes fou !!!"
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, une large ceinture m'entoure, emprisonne ma poitrine et mes avant bras.
Je me débats, empalée sur ce sexe qui est tout sauf  "handicapé".
Une paire de menottes m'interdit l'usage de mes mains.
Ses puissantes jambes s'écartent  jusqu'à emprisonner les miennes contre l'armature de sa chaise.
Prise ! j'étais bien prise.
Incapable du moindre geste.
J'essayais bien de me débatttre mais plus je le faisais, plus je sentais son sexe raidi en manque (vu les années d 'inactivités, tel celui d'un marin parti depuis 15 ans) me pénétrer davantage et me défoncer en me faisant hurler de souffrance !!
Des litres de liquide m' inondèrent après plusieurs saubresauts.
Fatiguée, éreintée, la ceinture dénouée, je tombais par terre, menottée, mes fesses à l'air et dégoulinante à souhait.
Je me souviens très bien du bruit des roues de la chaise roulante s'éloignant.
C'est sûr, ce bruit, je l'entendrai toute ma vie.
...................
Un bruit, ce bruit qui me hante la nuit ... j'en jouis encore :-)

Angélique Duroy